J'ouvre une nouvelle page: perpétuellement insatisfaite, il me faut de nouveau remettre à neuf. Cela à de bons côtés, surtout que les conditions d'inspiration, d'imagination, c'est-à-dire d'immersion dans ce cher ailleurs atteint toute sa prestance en cette saison automnale. Le ciel gris, les arbres dénudés dont mes yeux redessinent la silhouette torturée, le vent et la pluie, les senteurs des feuilles mortes, l'atmosphère nocturne rôdant au tournant du chemin, la lune immaculée et brillante haute dans le ciel –ce matin encore elle flottait au-dessus des peupliers noirs...
Sombre ambiance, les asticots grouillent en surface de la terre fraichement retournée pour une tombe. Pestilence des corps décharnés et désincarnés, les cadavres disloqués ou éborgnés improvisent un Creepshow. Le fantastique côtoie le réel pour la saison automnale qui s'ouvre de nouveau.
L'air sent la décrépitude, l'ambiance des vieux cimetières –froids mais chaleureux. Une folle lubie envie l'aliénée qui, pieds nus, bras et torse offerts aux éléments, danse effrénément sur le sol jonché de feuilles mortes amalgamées par les pluies. Son regard absent en ce monde n'en demeure pas moins enflammé de démence. Là, au c½ur des pierres tombales, elle parle avec son autre « moi » qui semble la détruire. Cependant, ces deux parties d'elle ne forment qu'un ; mais cela, vous ne le comprenez pas et vous fuyez cette vision.
Alors, continuant votre chemin, vous avancez dans la rue déserte, et sursautez lorsqu'un chat noir bondit soudain devant vous. Son poil est hérissé sur son dos et il gronde rageusement. Vous pressez le pas, resserrant votre écharpe autour du cou et remontant le col de votre manteau. Cette route, vous la connaissez bien : vous l'empruntez chaque matin et soir, mais elle vous paraît plus longue sous la pluie qui commence de nouveau à tomber, n'est-ce pas ? Vous n'avez qu'une envie : rentrer chez vous pour être au chaud et ne plus entendre l'eau du ciel tomber, ainsi dans votre c½ur vous implorez le soleil.
Votre vue, qui montre l'animal devenu bien trop civilisé, m'est pathétique, j'en éprouverais presque de l'aversion. Bien propret dans chacune de vos façons, vous ne voulez pas voir ce qui est là. Ainsi, vous vous sentez horrifié, révulsé, Mais dans un sens, n'êtes-vous pas dérangé par cette macabre et perverse, cruelle et délicate vision de cet autre univers ? Vous n'ignorez pas qu'elle renferme quantité de vices. Et ces vices, vous les enviez. Mais vous ne pouvez vous l'avouer alors vous vous cachez derrière votre chaste religion de la raison. Vous vous croyez ainsi sage de ne pas pencher du côté de l'excès. Pauvre homme que vous êtes, vous ne prenez partie du désir, vous vous jugulé dans les pans étroits dont vous vous vêtez.
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Sombre ambiance, les asticots grouillent en surface de la terre fraichement retournée pour une tombe. Pestilence des corps décharnés et désincarnés, les cadavres disloqués ou éborgnés improvisent un Creepshow. Le fantastique côtoie le réel pour la saison automnale qui s'ouvre de nouveau.
L'air sent la décrépitude, l'ambiance des vieux cimetières –froids mais chaleureux. Une folle lubie envie l'aliénée qui, pieds nus, bras et torse offerts aux éléments, danse effrénément sur le sol jonché de feuilles mortes amalgamées par les pluies. Son regard absent en ce monde n'en demeure pas moins enflammé de démence. Là, au c½ur des pierres tombales, elle parle avec son autre « moi » qui semble la détruire. Cependant, ces deux parties d'elle ne forment qu'un ; mais cela, vous ne le comprenez pas et vous fuyez cette vision.
Alors, continuant votre chemin, vous avancez dans la rue déserte, et sursautez lorsqu'un chat noir bondit soudain devant vous. Son poil est hérissé sur son dos et il gronde rageusement. Vous pressez le pas, resserrant votre écharpe autour du cou et remontant le col de votre manteau. Cette route, vous la connaissez bien : vous l'empruntez chaque matin et soir, mais elle vous paraît plus longue sous la pluie qui commence de nouveau à tomber, n'est-ce pas ? Vous n'avez qu'une envie : rentrer chez vous pour être au chaud et ne plus entendre l'eau du ciel tomber, ainsi dans votre c½ur vous implorez le soleil.
Votre vue, qui montre l'animal devenu bien trop civilisé, m'est pathétique, j'en éprouverais presque de l'aversion. Bien propret dans chacune de vos façons, vous ne voulez pas voir ce qui est là. Ainsi, vous vous sentez horrifié, révulsé, Mais dans un sens, n'êtes-vous pas dérangé par cette macabre et perverse, cruelle et délicate vision de cet autre univers ? Vous n'ignorez pas qu'elle renferme quantité de vices. Et ces vices, vous les enviez. Mais vous ne pouvez vous l'avouer alors vous vous cachez derrière votre chaste religion de la raison. Vous vous croyez ainsi sage de ne pas pencher du côté de l'excès. Pauvre homme que vous êtes, vous ne prenez partie du désir, vous vous jugulé dans les pans étroits dont vous vous vêtez.
M.K
